Hortense est la troisième de la fratrie primitive, notre génération 1.
Elle est la petite soeur de Henri Guilain et d’Agnès. Elle aussi est née dans le Nord à Gussignies, où ses parents habitaient au moment de sa naissance le 15 février 1840.
Voir ici l’acte de naissance de Hortense Cauderlier.
Elle vit donc le grand déménagement vers Carentan à l’âge de 11 ans.
Elle épouse les 6 et 7 mai 1862 à Carentan Paul Bouthreuil qui est issu d’une grande famille établie depuis des siècles à Carentan et sa région (notamment Méautis).
Voir ici l’acte de mariage civil de Hortense et Paul,
et ici leur acte de mariage religieux.
La famille de Paul Bouthreuil

Paul Just Bouthreuil est lui aussi issu d’une fratrie nombreuse. Il est le petit dernier de 11 enfants et sur ses 10 frères et soeurs, 6 sont morts en bas âge, ce qui, même pour l’époque, dépasse les pires statistiques.
Ses parents Edouard Edmond Bouthreuil (né à Méautis le 10 octobre 1791) et Eléonore Elizabeth Virginie Beaumont (née à Caen le 20 nivose an 5) se marient à Carentan le 10 février 1817. Ils s’établissent et resteront toute leur vie à Carentan Rue Holgate où naissent leurs 11 enfants.

Le 24 janvier 1818 leur première fille Virginie ne vit que quelques instants.
Le 9 février 1819 nait leur seconde fille Suzanne Eléonore Virginie Elizabeth qui vivra 5 ans jusqu’au 25 mars 1824.
Leur troisième fille Albertine Thélasie née le 23 novembre 1820 ne vit que 2 ans jusqu’au 30 avril 1823.
Je ne sais ce que devient leur fils Edouard Auguste né le 31 janvier 1823, mais il a pu être placé en nourrice dans un village voisin…
Enfin voici Suzanne Albertine le 7 avril 1825, la première à arriver à l’âge adulte. Elle épousera le 2 juillet 1855 Jacques Barnabé Louis Robiquet, de 24 ans son ainé. Il est percepteur et le couple s’installe à Brillevast non loin de Cherbourg où il ont un garçon, Edouard Louis Robiquet le 18 octobre 1863. Il ne connaitra son père que 6 ans jusqu’au 12 octobre 1869. Puis Suzanne revient à Carentan où elle décède chez elle rue Holgate le 27 septembre 1892.
Viennent ensuite dans la fratrie, Albertine Virginie née le 9 février 1827 et décédée le 12, puis Albert Charles, né le 25 mai 1828 qui ne vivra que 2 ans jusqu’au 28 janvier 1830.
Virginie Théophile nait le 25 mai 1830. Elle reste célibataire jusqu’à sa mort, chez sa mère à Carentan, le 18 juillet 1863 ; elle n’a que 33 ans.
Mais Estelle Julie, née le 16 octobre 1832, elle, se mariera le 3 février 1863 avec Alfred Charles Duval né le 8 mars 1833 qui travaille à Paris comme employé de l’éclairage au gaz.
Estelle est veuve et sans enfant ni petits enfants lors du décès de sa belle-soeur Hortense. en 1912. Elle-même décède rue Holgate à Carentan le 31 décembre 1917.
Ensuite nous avons dans la fratrie la petite Marie qui ne vivra que 2 jours du 21 au 23 avril 1835.
Et enfin voici notre Paul Just Bouthreuil qui nait le 18 septembre 1836.
Voir ici l’acte de naissance de Paul Bouthreuil.
Le père Edouard Edmond Bouthreuil décède le 6 décembre 1856, sa veuve Eléonore Elizabeth Virginie Beaumont le 16 septembre 1874.
Paul et Hortense

Paul est percepteur des contributions directes et la famille va se déplacer au gré de ses affectations professionnelles.
A son mariage, en mai 1861, il est percepteur à Néhou, il vient sans doute d’y arriver car on ne trouve pas de Bouthreuil sur le recensement de 1861 à Néhou.
Le couple s’y établit et c’est là que naissent leurs deux filles ainées, en 1863 et 1864.
Mais en 1866, ils sont probablement déjà partis car on ne les trouve pas non plus sur le recensement de 1866 à Néhou ! On sait par ailleurs qu’ils sont à Sainte-Croix Hagues en novembre 1867 à la naissance de leur troisième enfant, Edouard.
Car ils ont trois enfants, deux filles et un garçon, et il semble qu’ils en lancent la mode car leur fils (Edouard-père) aura deux filles et un garçon (parrain Edouard) qui aura lui même un garçon et deux filles dont l’une (Odile) aura deux filles et un garçon.
L’ainée des enfants, Marie-Louise Bouthreuil, nait le 21 janvier 1863.
Oui mais elle est née où ? A Néhou, où son papa est percepteur des impôts débutant.
Marie-Louise épousera Charles Lagouche le 8 décembre 1888 à Picauville puis le couple s’établira à Granville.
Nous retrouverons donc Marie-Louise Bouthreuil et Charles Lagouche en Génération 2.
Sa jeune soeur Suzanne Bouthreuil est née le 18 juin 1864 également à Néhou.
On comprend mieux, avec un tel anniversaire, qu’elle ait entendu l’Appel et soit entré dans les ordres.
Elle sera donc célibataire et nous en parlerons ci-dessous.
Le petit dernier est Edouard Bouthreuil, né le 22 novembre 1867 à Sainte-Croix-Hague. Tiens Papa Paul a dû avoir une promotion dans ce coin là. Il aura un fils prénommé Edouard et un petit-fils également prénommé Edouard. Alors lui on l’appellera entre nous Edouard père.
Il épouse Berthe Drouet je ne sais où et je ne sais quand.
Nous retrouverons Edouard et Berthe Bouthreuil en génération 2.
Ces trois enfants seront aussi les trois premiers petits-enfants de nos héros Henri et Stéphanie.
On sait que Paul est ensuite nommé à Picauville puisque c’est là qu’on le retrouve dès 1874 dans la presse et jusqu’au mariage de sa fille Marie-Louise en 1888.
Une pension de retraite est approuvée par décret pour Paul Bouthreuil après 40 ans 9 mois et 12 jours de service avec jouissance au 17 juin 1902.
Paul Bouthreuil ne profitera que 22 mois de sa retraite. Il décède à 68 ans le 26 avril 1904 à Saint-Vaast La Hougue.
Je n’ai pas l’acte complet mais simplement l’extrait de la table décennale.
Entre temps Suzanne est entrée dans les ordres où elle se consacre à l’éducation des jeunes filles.
En effet elle intègre la Congrégation des Augustines de Notre-Dame de Carentan, une institution qui date de 1635 et qui dispose d’un pensionnat pour jeunes filles à Auvers dans la Manche.
Conséquence des lois de séparation de l’Église et de l’État en 1905, Suzanne redevient semble-t-il laïque puis devient directrice de l’Institution Notre-Dame à Auvers.
Plusieurs jeunes filles de la famille ont sans doute fréquenté le pensionnat de Suzanne Bouthreuil à Auvers.
Tante Denise en a conservé un souvenir épouvantable.
Mais d’autres y ont semble-t-il travaillé comme Suzanne et Madeleine Lagouche que je crois reconnaitre respectivement tout en haut à droite et tout en haut à gauche de la photo de groupe.
Auvers devient ainsi un havre de paix pour la famille Bouthreuil au début du vingtième siècle :
Hortense y trouve refuge après la mort de Paul en 1904.
Marie-Louise et ses enfants de même pendant la première guerre mondiale.
Hortense décède à Auvers le 7 novembre 1912 à 72 ans.

Suzanne, elle, est décédée à Auvers en 1927.
Marie-Louise Lagouche et ses enfants retournent ensuite à Paris dans le 18ème arrondissement.
Paul, Hortense et leur fille Suzanne sont enterrés ensemble au cimetière de Carentan presque au milieu à gauche de l’allée centrale, non loin de la tombe de leur fils Edouard, belle-fille Berthe et petites-filles Agnès et Denise, ainsi que de celle de Jules et Marie Cauderlier.